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La Confirmation

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 Un peu d'histoire

 

Aux premiers temps de l'Eglise, les trois sacrements de l'initiation chrétienne - baptême, confirmation et eucharistie - constituaient une étape décisive. Elle était longuement préparée. Ces sacrements étaient proposés au cours d'une unique célébration lors de la Veillée pascale, une célébration en trois temps. D'abord la descente dans l'eau du baptême, la profession de foi, la plongée et la remontée, suivies de la réception d'un vêtement blanc. Puis le passage devant l'évêque qui imposait la main au baptisé et lui faisait l'onction. Enfin l'accès pour la première fois à la table eucharistique. Ceux qui devenaient chrétiens avaient ensuite la vie pour progresser dans la foi, dans l'amour de Dieu et des autres, dans l'espérance face aux épreuves.

Au long des siècles, les trois étapes de la célébration ont été séparées dans le temps pour diverses raisons. L'ordre de leur réception s'est trouvé parfois modifié. Aujourd'hui par exemple, la confirmation est reçue la plupart du temps après la première eucharistie et souvent longtemps après le baptême.

 

La confirmation , suite logique du baptême

 

La naissance est un commencement pour celui qui naît mais aussi pour ceux qui lui donnent la vie. Pour devenir un être autonome, l'enfant a besoin de soins, d'affection. Il a besoin aussi d'être initié pour affronter les difficultés. Il doit vivre des apprentissages, trouver sa place dans la société. De même, quand le jardinier sème une graine, il guette l'apparition de la première pousse. Ensuite, il en prend soin, l'arrose, la regarde grandir.

Avec l'Eglise, le baptisé grandit dans la foi. La confirmation est la suite logique du baptême, son épanouissement. Pour la foi du baptême, l'Eglise fait comme le jardinier. Elle sait que sa mission est de semer, de prendre soin du baptisé, de l'accompagner, mais que c'est l'Esprit de Dieu qui fait prendre racine et croître dans la foi.

 

"Celui qui plante n'est rien, celui qui arrose n'est rien : Dieu seul compte, Lui qui fait croître." (1co 3,7).

 

Confirmation et Eucharistie

 

Une amitié ou un amour s'étiolent s'ils ne débouchent pas sur une vie commune, un partage, des projets communs et le désirs de les réaliser ensemble.

De même, l'eucharistie nourrit la foi du confirmé. C'est par elle que le baptisé confirmé reçoit son insertion plénière dans le corps du Christ, dans son Eglise. Le lien entre la confirmation et l'eucharistie est très important. Sans la participation au repas du Seigneur, qui permet de rejoindre les autres baptisés, le sacrement de confirmation pourrait être considéré uniquement sous un aspect individuel. Si le baptême et la confirmation ne débouchent pas sur le partage de la parole, du pain, de la coupe, pour vivre ensemble avec le Christ, pour recevoir son Esprits, pour être envoyés par lui au coeur du monde, le baptême et la confirmation restent inachevés.

 

"Sois marqué de l'Esprit Saint, le don de Dieu"

 

"Sois marqué de l'Esprit Saint, le don de Dieu", telle est la parole prononcée par celui qui confirme et impose la main pour l'onction d'huile : une parole très forte! Par la confirmation, le baptisé reçoit la marque de l'Esprit du Père et du Fils. Il l'a déjà reçue quand il plongeait dans l'eau du baptême, il continue de la recevoir par l'onction de la confirmation. Cette marque est comme une trace indélébile qui exprime un don de Dieu, le don qu'il fait au baptisé de sa propre vie, de son propre esprit, de sa puissance d'amour et de vie.

 

 

 

Dans la confirmation, nous sommes marqués par un geste d'onction, avec de l'huile parfumée, qu'on appelle "saint-chrême", un geste plein de douceur. Les mots "christ" et "chrême" ont la même racine. Est "christ" celui qui a reçu l'onction d'huile.
Par l'onction, le confirmand est "christifié", il est fait à l'image du Christ. L'huile embaumée imprègne son corps en même temps sa personnalité en ce qu'elle a d'unique pour Dieu et pour les autres. Elle fait aussi de lui "la bonne odeur du Christ" (2 Co 2,15). Le parfum présent dans le saint chrême indique que le baptisé reçoit la
mission de communiquer autour de lui l'amour de Dieu, à l'image du Christ. Par ce qu'il dit et ce qu'il fait, mais aussi par ce qu'il est.

 

 

Michel Scouarnec, prêtre du diocèse de Quimper 
http://www.croire.com/article/index.jsp?docId=6560&rubId=215