Auprès des marins

L'Aude, avec son littoral méditerranéen, fait vivre de nombreux marins. La Mission de la Mer les aide dans un quotidien parfois difficile.

La Mission de la Mer en France

 

Elle rassemble des personnes qui ont des liens avec la mer (travail, loisir, plaisir). Elle ne se donne pas sa mission ; elle la reçoit de l’Eglise. Elle fait partie de la Pastorale des Migrants et des Personnes Itinérantes qui dépend de la Commission épiscopale de la Mission Universelle.

La Mission de la Mer veut témoigner de Dieu au cœur du monde. Elle est donc une présence spécifique d’Eglise au monde maritime. Solidaire des gens de mer, elle se met à leur service.

Depuis la fin du XIXe siècle, des précurseurs (P. Louis-Joseph Lebret 1930) se sont préoccupés d’une présence spécifique au monde maritime. Elle naît officiellement en juin 1945. Son activité réelle commence au début des années 1950, avec l’embarquement des premiers prêtres navigants. 

 

La Mission de la Mer dans l’Aude

 

Elle a débuté à Port-la-Nouvelle par un soutien aux marins d’un bateau de commerce, le Bin Chan battant pavillon vietnamien et équipage vietnamien. En 1992 le bateau a été bloqué pour des problèmes de sécurité à bord. L’abbé Gavanon, décédé depuis, avait chargé un petit noyau de coordonner l’aide aux marins (nourriture, gasoil…). A l’époque, nous n’avions peur de rien, nous avons fait beaucoup de bruit en contactant des journaux, FR3, le Sous-préfet, la capitainerie et officiers de sécurité. Au bout de quelques mois, nous avons réussi à faire repartir chez eux les marins.

Avec l’arrivée de l’abbé Vergnes, la Mission de la Mer redémarre en 1997, avec 7 membres. Actuellement notre petite équipe est composée de 10 femmes et 16 hommes, âgés de 40 à 78 ans. Le panel de leurs activités est varié : pêcheurs, pilote du port, capitaine du port, responsable d’agence maritime, retraité de la marine nationale, salarié des Affaires Maritimes, assistante sociale maritime.

 

Que faisons-nous ?

Entre 1997 et 2009, notre action a consisté en de l’aide alimentaire tant à la pêche qu’au commerce pour des gens en difficultés financières, humaines et des interventions auprès des autorités. Bien sûr, nous avons aussi un rôle cultuel en célébrant des baptêmes, des mariages, des bénédictions de bateaux, chalutiers, thoniers, vedettes de sauvetage, bateaux de plaisance, maisons et hélas, des obsèques. 

En 2010, la Mission de la Mer a pris une plus grande ampleur. Nous avons reçu en don une camionnette Ford de 9 places pour transporter les marins. Yvette et Raymond Jalabert, patron de thonier en retraite, ont fait ce don, suite au décès accidentel de leur fils qui leur avait succédé. Les marins ont un grand cœur. Dans la douleur et la peine, ils pensent aux autres.

Chaque jour, sauf le dimanche, nous allons à 17h dans le port où nous prenons le camion que nous avons laissé la veille à la vue des gardiens. Nous allons à l’échelle de coupée, nous montons à bord et dans notre mauvais anglais, nous demandons s’il y a des marins qui veulent aller à terre. Nous les conduisons au foyer créé pour eux, le Seamen's Club : ils sont très friands d’internet pour communiquer avec leur famille. Parfois, ils veulent faire des courses. Le dernier retour à bord a lieu à 20h.

 

Contact :

MISSION DE LA MER

Martine COUSIN, 04 68 40 44 70, jeanpierre.cousin@dartybox.com, la-mission-de-la-mer@orange.fr

SEAMEN'S CLUB

04 68 58 87 71, www.seamens-club-pln.com

Page Facebook : https://www.facebook.com/pages/Seamens-Club-Port-La-Nouvelle/840659579336560?fref=ts

 

Entretien avec 3 membres de la Mission de la Mer

 

Martine

Une amie qui travaille aux Affaires Maritimes m’a parlé de la Mission de la Mer. Elle-même adhère à cette association caritative et cultuelle. Je lui ai répondu que je voulais bien voir. Mon mari était d’accord ; lui-même était très engagé vers le secours populaire, le secours catholique et les restos du cœur. Au bout de quelques temps, j’ai beaucoup aimé. Il y avait une réelle complémentarité entre mon travail d’assistante sociale des marins et le bénévolat. J’ai adhéré à la Mission de la Mer en 2005 et du coup, j’y ai entraîné mon mari.

Dans un premier temps, j’ai aidé à gérer l’aide à des marins pêcheurs en difficulté financières sous forme de bons d’achats. 

Grâce à mon amie des Affaires Maritimes et aussi des membres de la Mission de la Mer, j’ai pu découvrir ce milieu d’hommes rudes, secrets, renfermés.

Notre action sociale a pu être élargie par l’accompagnement des marins étrangers. Action d’autant plus positive qu’elle s’est accompagnée du recrutement d’un nouveau membre. Cela a renforcé le nombre des chauffeurs du bus. De plus, il a de très bonnes connaissances en informatique. Cela permet de sortir chaque mois les résultats du transport des marins depuis le port jusqu’au village et de les communiquer aux autorités. Ainsi nous sommes mieux connus à la région, au département, à la mairie.

Lorsque nous rencontrons les marins, ils nous sollicitent souvent pour aller « au foyer ». Ce lieu n’existe pas encore ; notre projet est donc la création de cet espace. Tâche difficile, délicate, financièrement, humainement et administrativement. Actuellement, notre curé nous propose une annexe de l’église ; même si ce n’est pas la panacée, nous faisons tout pour que cela se concrétise.

Parlant un peu l’anglais, j’ai accompagné plusieurs fois mon mari sur les quais.

Je participe aussi aux deux journées des fêtes du 15 août. Outre la journée cultuelle, couronnée par la messe sur les quais de la criée, il y a un repas pour les marins. L’autre journée est plus ludique avec une sardinade à midi et des joutes de bateaux traditionnels. Tout cela nous permet de gagner quelques euros pour notre fonctionnement et notre action sociale.

 

Bernard

Martine et J.-P. que j’ai connus en 2004 au club nautique, m’ont parlé de cette structure. Je suis impliqué dans ce monde de la mer à travers un blog et j’ai voulu voir. Ils m’ont parlé d’un minibus et du transport de marins ; ils m’ont proposé d’entrer dans ce service.

Je m’occupe donc du transport des marins avec deux autres chauffeurs (tous bénévoles) et je fais toutes les statistiques informatisées (nombre de bateaux, de marins transportés, de kilomètres parcourus, de carburants utilisés).

Nous vivons l’écoute et la disponibilité. Mes notions d’anglais me permettent de partager avec ces marins afin d’avoir un meilleur contact et leur apporter un peu de chaleur humaine. Nous attendons et espérons pouvoir réaliser assez rapidement ce Seamen’s club (foyer). En un an et demi, nous avons visité 600 cargos et 6.000 marins.

 

Jean-Pierre

J’ai trouvé ici un bon esprit de camaraderie. Avec les marins, nous nous comprenons avec les mains, par gestes, dessins…

J’ai un jardin potager et il m’est arrivé de porter une partie de ma récolte sur un bateau bloqué au port. Je me sens très bien dans cette association. J’en suis le trésorier et je me démène au sujet de l’avenir financier du foyer.

Voici une petite anecdote :

C’était le soir du 14 juillet ; j’étais de service au transport. Pour aller en ville, 11 marins se présentent. Le bus théoriquement ne peut transporter que 8 marins. C’est la fête du 14 juillet, il n’y a que 5 km à faire pour aller vers la plage où a lieu le feu d’artifice, j’embarque tout le monde et « vogue » le camion !  Je les dirige vers les téléphones pour leur permettre d’appeler leur famille. Puis nous avons regardé le feu d’artifice et vers 23h30, avec mon épouse, nous les ramenons au bateau. Inutile de vous dire combien ils ont apprécié ce moment de détente.

 

A lire, notre journal pour les mois de juillet, août et septembre 2014. Ci-dessous en PDF. 

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