Temps de la Création

Temps de la Création

Institué par le Pape François en 2015

La Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création a été célébrée le 1er septembre : « La Journée Mondiale annuelle de Prière pour la Sauvegarde de la Création offrira à chacun des croyants et aux communautés la précieuse opportunité de renouveler leur adhésion personnelle à leur vocation de gardiens de la création, en rendant grâce à Dieu pour l’œuvre merveilleuse qu’Il a confiée à nos soins et en invoquant son aide pour la protection de la création et sa miséricorde pour les péchés commis contre le monde dans lequel nous vivons » écrit le Saint-Père. Elle sera prolongée par un Temps pour la création jusqu’au 4 octobre.

Pourquoi un temps de la création ?

En 2015, le Pape François a retenu la date du 1er septembre pour instituer dans l’Eglise catholique, une « Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création ». L’initiative rejoignait celle des Eglises orthodoxes qui à l’occasion du 3ème rassemblement œcuménique de Sibiu en Roumanie de 2007, ont proposé un « temps de la création », du 1er septembre au 4 octobre. En effet, le 1er septembre est le début de l’année liturgique pour les Églises orthodoxes, ce jour rappelle en particulier l’oeuvre de Dieu dans la création du monde. Le 4 octobre est la fête de St François d’Assise.

 

Message commun du pape François et du patriarche Bartholomée pour la Journée internationale de prière pour la sauvegarde de la Création 2017

Le pape François et le patriarche Bartholomée de Constantinople publient un message commun à l’occasion de la Journée internationale de prière pour la sauvegarde de la Création, le 1er septembre 2017. 

L’histoire de la création nous présente une vue panoramique du monde. Les Ecritures révèlent que, «au commencement», Dieu a voulu que l’humanité coopère à la préservation et à la protection de l’environnement naturel. Au début, comme on lit dans la Genèse, «il n’y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n’avait encore poussé, car le Seigneur Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas d’hommes pour cultiver le sol» (2, 5). La terre nous a été confiée comme un don et un héritage sublimes, envers lequel chacun de nous partage la responsabilité jusqu’à ce que, «à la fin» tout, au ciel et sur la terre, soit restauré dans le Christ (cf. Ep 1, 10). Notre dignité humaine et notre bien-être sont profondément liés au soin que nous portons à toute la création.

Cependant, «entre-temps», l’histoire du monde présente un contexte très différent. Elle révèle la situation d’un délabrement moral où notre attitude et notre comportement envers la création obscurcissent notre vocation de coopérateurs de Dieu. Notre propension à rompre les écosystèmes fragiles et délicats du monde, notre désir insatiable de manipuler et de contrôler les ressources limitées de la planète, et notre avidité pour des profits illimités des marchés, tout cela nous a éloignés du but originel de la création. Nous ne respectons plus la nature comme un don partagé ; nous la regardons plutôt comme une grande possession privée. Nous ne nous associons plus à la nature dans le but de la maintenir; nous dominons plutôt sur elle pour qu’elle soutienne nos propres constructions.

Les conséquences de cette nouvelle vision du monde sont tragiques et durables. L’environnement humain et l’environnement naturel sont détériorés ensemble, et cette détérioration de la planète pèse sur les plus vulnérables de ses habitants. L’impact du changement climatique touche, d’abord et surtout, ceux qui vivent dans la pauvreté dans tous les coins du globe. Notre obligation d’user avec responsabilité des biens de la terre implique la reconnaissance et le respect de tous les peuples et de toutes les créatures vivantes. L’appel urgent et le défi de sauvegarder la création sont une invitation à toute l’humanité à travailler pour le développement durable et intégral.

Par conséquent, unis par le même souci de la création de Dieu, et reconnaissant que la terre est un bien commun, nous invitons ardemment toutes les personnes de bonne volonté à observer un temps de prière pour l’environnement le 1er septembre. A cette occasion, nous souhaitons remercier le Créateur aimant pour le noble don de la création, et prendre l’engagement de la sauvegarder et de la préserver pour l’amour des générations futures. Après tout, nous savons que notre effort est vain si le Seigneur n’est pas à nos côtés (cf. Ps 126, 127), si la prière n’est pas au centre de notre réflexion et de notre célébration. En effet, un objectif de notre prière est de changer notre manière de percevoir le monde afin de changer notre relation avec le monde. Le but de notre promesse est d’être courageux pour embrasser une simplicité et une solidarité plus grandes dans nos vies.

Nous lançons un appel urgent à ceux qui ont des responsabilités sociales et économiques, aussi bien que politiques et culturelles, pour qu’ils entendent le cri de la terre et subviennent aux besoins des marginalisés, mais surtout afin qu’ils répondent à la demande de millions de personnes et appuient le consensus du monde entier pour guérir notre création blessée. Nous sommes convaincus qu’il ne peut y avoir de solution sincère et durable au défi de la crise écologique et du changement climatique sans une réponse concertée et collective, sans une responsabilité partagée et assumée, sans donner la priorité à la solidarité et au service.

Du Vatican et du Phanar, le 1er septembre 2017

Pape François et Patriarche Œcuménique Bartholomée