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A la suite du Christ, en marche vers Pâques : parcours 1
Pour le Carême 2026, le diocèse de Carcassonne et Narbonne propose un parcours de réflexion et de prière à partir des évangiles de Carême. Le père Jean-Louis Tindano animera ces six étapes, proposées chaque jeudi du temps du Carême.
Frères et sœurs, parmi les belles propositions pour vivre le Carême 2026, nous vous donnons un rendez-vous hebdomadaire autour de la Parole de Dieu. En nous inspirant du parcours christologique auquel de nombreux fidèles de notre diocèse ont pris part durant l’année pastorale 2024-2025, nous vous proposons le thème suivant : À la suite du Christ, en marche vers Pâques. Le texte de méditation de ce jeudi 19 février est Luc 9, 22-25.
Un contexte de préparation
Les quatre premiers jours du Carême, ajoutés depuis le VIe siècle pour obtenir quarante jours de jeûne, hors dimanche, constituent comme un seuil d’entrée dans ce temps de grâce. Ils invitent à se préparer intérieurement. Qui voyage loin, ménage sa monture, dit-on ! De la même manière, Luc 9, 22-25 s’inscrit dans une préparation minutieuse du grand voyage de Jésus dans l’évangile selon saint Luc (9, 51-19, 28). Ce voyage, au terme de sa mission en Galilée, le conduit vers Jérusalem. Là, il va souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être mis à mort et ressusciter le troisième jour (Lc 9, 22) pour le salut du monde. Le texte se situe ainsi à un moment charnière de l’évangile.
La préparation du voyage se fait à la fois en privé et en public. En privé, Jésus vient de demander aux apôtres : pour vous, qui suis-je (9, 20) ? Pierre répond au nom des Douze : le Christ de Dieu. Jésus précise aussitôt que sa messianité ne correspond pas aux attentes d’un roi politique ou triomphant. En public, il adresse à tous un enseignement exigeant : suivre le Christ implique de renoncer à soi, porter sa croix et perdre sa vie à cause de Lui.
Un chemin qui passe par la croix
Le vocabulaire est volontairement dérangeant : souffrir beaucoup, être rejeté, être tué, renoncer à soi, prendre sa croix chaque jour, perdre sa vie, se ruiner… Suivre le Christ, c’est accepter de quitter certaines sécurités matérielles, intellectuelles et spirituelles pour emprunter un chemin contraignant. Mais la marche n’est pas triste. Elle est pleine d’espérance. Son terme, c’est la vie. Nous cheminons en effet vers la résurrection du Christ et, à travers lui, notre propre passage à une vie nouvelle. Comme pour tout ce qui est grand et beau, le chemin à parcourir est exigeant.
Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, dit Jésus. L’expression « il faut » indique une nécessité profonde, conforme à la logique de l’amour de Dieu. Le chemin que nous empruntons à la suite de Jésus est celui d’un amour qui va jusqu’au bout, qui accepte d’être vulnérable, malmené et rejeté. La croix du Christ n’est pas un accident. Elle est l’expression ultime de l’amour fidèle de Dieu pour l’humanité. Voilà pourquoi Jésus invite à la porter à sa suite.

Tous invités à suivre le Christ
Après avoir parlé de son propre destin, Jésus s’adresse à tous en ces termes : Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive (Lc 9, 23). Marcher à la suite de Jésus n’est pas réservé à quelques-uns. C’est l’appel ordinaire de tout disciple. Trois verbes structurent cette marche :
- Renoncer à soi-même : non pas se mépriser, mais éviter de se prendre pour le centre de tout ; consentir à ce que Dieu oriente notre vie.
- Prendre sa croix chaque jour : vivre la fidélité dans les petites choses, souvent discrètes ; pardonner, supporter autrui avec patience.
- Suivre Jésus : comme saint Paul, apprendre de ses gestes et de ses paroles, jusqu’à pouvoir dire : ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi (Ga 2, 20).
Jésus conclut par une parole paradoxale : qui veut sauver sa vie la perdra ; mais qui perd sa vie à cause de moi la sauvera (9, 24). La logique n’est pas celle du monde. Ce qu’on garde jalousement se perd ; ce qu’on donne librement, c’est ce qu’on gagne en définitive ! Sauver sa vie, c’est l’offrir. C’est s’en dessaisir pour la remettre entre les mains de Dieu. Suivre le Christ, c’est renoncer à ce qui, sous des aspects attrayants, emprisonne la vie.

Quelques pistes pour la semaine
- Un renoncement concret : moins d’écrans, moins de paroles inutiles ou malveillantes, moins de consommation.
- Un acte de charité : une visite, un service, une démarche de réconciliation.
- Suivre le Christ dans la prière : méditation de la Parole, participation aux offices, intercession pour le monde.
Luc 9, 22-25 nous rappelle que le carême n’est pas un temps que l’Église impose, mais un chemin de conversion. Nous marchons vers Pâques à la suite du Christ, en passant peu à peu de nos sécurités à la confiance, de l’égoïsme au don, de la peur à l’espérance. Puissions-nous découvrir, pas à pas, que suivre le Christ, même sur le chemin de la croix, conduit toujours à la vie.
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