Que peut-on faire pour vous ?

A la suite du Christ, en marche vers Pâques : parcours 3
Frères et sœurs,
Nous lisons aujourd’hui la parabole du riche et du pauvre Lazare. Ce texte s’adresse en premier lieu aux pharisiens, « amis de l’argent » (Lc 16,14) qui se moquent en entendant Jésus affirmer qu’il est impossible de « servir Dieu et l’Argent » (Lc 16,13). Mais il cherche à faire réfléchir toute personne de bonne volonté. Sur notre chemin à la suite du Christ, cette parabole nous pose deux questions essentielles : que faisons-nous de nos biens, modestes ou importants ? Et quelle place donnons-nous à la Parole de Dieu dans notre vie ?
À la suite du Christ, en marche vers Pâques, nous apprenons à nous tourner vers notre Père, plein de bonté pour ses enfants. Comme le rappelle le pape Léon XIV au début de son message de carême (5 février 2026) : « Le Carême est le temps où l’Église, avec une sollicitude maternelle, nous invite à remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie, afin que notre foi retrouve son élan et que notre cœur ne se disperse pas entre les inquiétudes et les distractions quotidiennes ».
• Écouter la Parole aujourd’hui
Le riche découvre qu’il est désormais trop tard pour lui. Dans sa détresse, il se soucie de ses frères qui, comme nous, ont encore le temps de revenir sur le bon chemin. Il imagine qu’un signe extraordinaire tel que la visite d’un mort revenu à la vie pourrait provoquer leur conversion. La réponse d’Abraham est sans appel : « Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! » Autrement dit, tout est déjà donné. Nul besoin d’un miracle supplémentaire. La lumière nécessaire pour discerner et agir est présente dans la Parole de Dieu. Cette réponse nous rejoint ici et maintenant. Elle nous rappelle que, si nous voulons suivre le Christ, en marche vers Pâques, la première attitude est l’écoute. Une écoute humble, persévérante, confiante. La Parole accompagne notre effort de conversion quotidienne ; elle nous arrache à l’indifférence face aux besoins de nos frères et sœurs et préserve notre cœur de l’endurcissement. Le Pape Léon XIV l’exprime avec justesse : « Tout cheminement de conversion commence lorsque nous nous laissons rejoindre par la Parole et que nous l’accueillons avec docilité d’esprit » (5 février 2026).
• Du bon usage des biens : apprendre à partager
La parabole ne condamne pas la richesse en elle-même, mais l’indifférence. En effet, le riche connaît la Loi et les Prophètes. Il sait que Dieu demande d’ouvrir la main au pauvre (Dt 15,11) et de « partager son pain avec celui qui a faim » (Is 58,7). Pourtant, il ne voit pas Lazare gisant à sa porte. Dans l’Évangile selon saint Luc, cette exigence traverse tout l’enseignement de Jésus : partager (Lc 3,11), ne pas se suffire à soi-même (Lc 6,24), tout donner aux pauvres pour suivre le Christ (Lc 18,22).
Le drame du riche n’est pas d’être riche, mais d’avoir séparé sa foi de la pratique concrète de la charité. Or les biens sont un don confié pour être mis au service des autres. Quant à Lazare, dont le nom signifie « Dieu vient en aide », il n’est pas sauvé pour ses mérites. La parabole n’en dit rien. Il est sauvé parce que Dieu, fidèle à son Alliance, tient sa promesse de secourir ceux qui n’ont d’autre espérance que lui.
La parabole révèle que le temps présent est décisif. Chaque geste de partage, comme chaque indifférence, trace peu à peu un chemin. Jésus nous rappelle ainsi que l’éternité se prépare aujourd’hui, dans la manière concrète dont nous vivons.
Quelques pistes pour la semaine
- Écouter plus attentivement la Parole de Dieu : la lire, la méditer. Relire sa journée à sa lumière.
- Identifier un “Lazare” concret : une personne seule, malade ou pauvre.
- Poser un geste de compassion : une visite, un appel, un service rendu.
À la suite du Christ, en marche vers Pâques, nous comprenons que l’amour du prochain est le lieu concret où se joue notre relation à Dieu. Que ce pas de plus vers Pâques nous rende plus attentifs à sa Parole et plus proches des plus démunis.
Jean-Louis TINDANO