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A la suite du Christ, en marche vers Pâques : parcours 4
L’Évangile de ce jour nous situe dans la grande montée de Jésus vers Jérusalem (Lc 9,51–19,28). La fête de Pâques approche à grands pas. À mesure que Jésus avance vers la ville sainte, les prises de position pour ou contre lui deviennent de plus en plus nettes. Certains s’ouvrent à la foi, tandis que d’autres contestent l’origine de son pouvoir. La mission de Jésus apparaît alors comme un véritable combat : combat contre le mal, mais aussi combat autour de sa personne. Dans cette perspective, marcher à la suite du Christ, signifie entrer nous aussi dans ce combat et accepter d’y prendre position.
Méditation à partir de Luc 11, 14-23
À la suite du Christ, en marche vers Pâques, nous apprenons à nous tourner vers notre Père, plein de bonté pour ses enfants. Comme le rappelle le pape Léon XIV au début de son message de carême (5 février 2026) : « Le Carême est le temps où l’Église, avec une sollicitude maternelle, nous invite à remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie, afin que notre foi retrouve son élan et que notre cœur ne se disperse pas entre les inquiétudes et les distractions quotidiennes ».
• Un combat spirituel à la suite de Jésus
La guérison d’un homme rendu muet en Lc 11,14 est pour Jésus l’occasion de montrer qu’il lutte contre le démon et contre le mal en général. Pourtant, son geste de salut devient aussitôt l’objet d’une accusation et d’une mise à l’épreuve. Certains lui adressent même la pire des injures : « c’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il expulse les démons ». Cette accusation ne s’est pas arrêtée avec la mort de Jésus. Une tradition juive du IIᵉ siècle parle encore de lui en ces termes : « il a pratiqué la magie, a séduit Israël et l’a rendu apostat » (Talmud, Sanhédrin 43a). D’autres encore, méconnaissant l’action de Dieu à travers la guérison, lui réclament « un signe venant du ciel » pour le mettre à l’épreuve.
La réponse de Jésus montre qu’il inscrit sa mission dans une lutte acharnée contre le mal. Son discours utilise un vocabulaire très concret, celui du combat : un royaume en proie à un conflit interne, un homme fort et bien armé, le triomphe sur l’adversaire, l’équipement de combat, la distribution des dépouilles. Mais ce combat ne concerne pas seulement les démons. Il concerne aussi le regard porté sur Jésus : reconnaître en lui l’œuvre de Dieu ou bien la refuser. Pour nous, en ce temps de carême, ce passage rappelle que suivre le Christ n’est pas de tout repos. La vie chrétienne comporte un combat intérieur. Un combat contre les vices qui nous enferment, contre tout ce qui nous divise et nous éloigne de Dieu.
• Impossible neutralité : choisir son camp
Jésus conclut par une parole très radicale : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. » Autrement dit, dans le combat entre le Royaume de Dieu et le règne du mal, la neutralité n’existe pas. Ce passage place chacun devant une décision à prendre. Le Carême est précisément ce temps où, tiraillés entre le bien et le mal, nous sommes appelés à choisir chaque jour notre camp. Ne pas entrer dans ce combat avec le Christ, c’est laisser le mal continuer à diviser, disperser et désunir. Choisir le Christ, au contraire, c’est choisir le camp du bien ; c’est se placer du côté de la vie, de la vérité et de la liberté.

Mais ce combat est éclairé par l’espérance, car nous marchons à la suite du Christ, vainqueur de tout mal. Dans ce passage, le thème du démon vaincu et chassé apparaît à plusieurs reprises. Le Christ est le plus fort. Il est cet homme capable de désarmer « l’homme fort et bien armé qui garde son palais ». Cette image suggère que notre cœur et le monde sont comme des maisons occupées par le mal. Le Christ vient les libérer et rendre la liberté à ceux qui y étaient enfermés. À la suite du Christ, en marche vers Pâques, nous sommes donc appelés à prendre résolument parti pour lui. Que cette semaine nous aide à choisir chaque jour le camp du bien et de l’amour.
Quelques pistes pour la semaine
- Identifier son combat intérieur : un vice ou ce qui m’éloigne de Dieu et des autres ;
- Renouveler son choix pour le Christ : prier davantage, accomplir une bonne action ;
- Résister au mal : refuser une parole blessante, pardonner, combattre une habitude négative
Jean-Louis TINDANO