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A la suite du Christ, en marche vers Pâques : parcours 5
Au cours de cette quatrième semaine de Carême, nous avons un compagnon de route à la fois discret et lumineux : saint Joseph, époux de la Vierge Marie et père adoptif de Jésus. Après avoir présenté la généalogie de Jésus, l’évangile de Matthieu s’arrête sur cette figure qui a joué un rôle essentiel dans l’incarnation du Fils de Dieu. Qui mieux que lui pour nous apprendre à suivre le Christ ? Nous découvrons en effet, à travers la figure de Joseph, deux dimensions fondamentales de notre marche : l’épreuve et l’obéissance comme lieux de rencontre avec Dieu.
Méditation à partir de Matthieu 1, 16.18-21.24a (à la lumière de saint Joseph)
• L’épreuve d’un homme juste
L’évangile précise que Joseph « était un homme juste ». Cela signifie qu’il fait partie de cette catégorie de personnes ajustées à Dieu (Abraham, Job, Moïse), en recherche permanente de sa volonté pour l’accomplir, même lorsque celle-ci semble déroutante. Les justes sont ouverts à Dieu, disponibles à son dessein. Joseph est donc un croyant authentique, profondément enraciné en Dieu. Au-delà de l’obéissance à la Loi, il est miséricordieux. Cet ami de Dieu connaît une grande épreuve, à la mesure même de sa justice. Joseph avait déjà célébré l’essentiel de son mariage avec Marie, selon le judaïsme ancien. Il attendait patiemment le temps nécessaire pour accueillir son épouse chez lui, probablement en raison du jeune âge de Marie. C’est au cours de cette période que survient une épreuve aux multiples facettes : son épouse Marie est enceinte. En homme droit, il ne veut pas assumer une paternité qui n’est pas la sienne. Il cherche alors une solution juste et discrète, au-delà de la stricte application de la Loi, qui exige en pareil cas une séparation officielle. Pour l’en dissuader, c’est en songe qu’un ange lui apparaît, et non comme lors de l’Annonciation en Lc 1, 26-38. L’ange demande à Joseph de prendre chez lui Marie, enceinte. Le nom de l’enfant, Jésus, est déjà connu, alors que le privilège de nommer l’enfant revient normalement à son père. Rien ne correspond à ce que Joseph avait imaginé pour sa vie.
La situation de Joseph montre que personne n’est à l’abri de l’épreuve. Suivre le Christ, c’est accepter de traverser des situations que nous n’avons pas choisies, parfois déstabilisantes, dans la confiance en Dieu.
• L’obéissance de Joseph, source de vie
On parle souvent du fiat de Marie (Lc 1, 38). Son « oui » à l’ange, qui a rendu possible l’accueil du Fils de Dieu dans notre monde. Ce fiat a un complément que nous ne pouvons pas passer sous silence : le « oui » de Joseph, silencieux mais fécond et salutaire. Joseph ne parle pas dans les textes sacrés : il écoute. Il fait confiance dans l’épreuve. Il accomplit fidèlement ce que Dieu lui confie. Il ne conteste pas les paroles de l’ange, ni dans le songe ni après. « Quand il se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.»

Il accepte l’enfant et son nom, reconnaissant que cet enfant a Dieu pour Père. Mais Joseph accepte aussi la mission qui lui est confiée : adopter Jésus. Dans sa culture, cette adoption vaut véritable paternité. Grâce à lui, les promesses messianiques s’accomplissent : le Messie est bien descendant de la lignée royale de David. L’obéissance de Joseph donne ainsi une insertion historique et sociale à Jésus.
À la suite du Christ, nous sommes appelés à cette même obéissance, faite d’humilité et de confiance. Obéir à Dieu, ce n’est pas perdre sa liberté ; c’est avancer avec lui, même dans l’obscurité, vers la lumière de Pâques.
Quelques pistes pour la semaine
- Faire la liste de mes épreuves et demander la grâce de les accueillir et les traverser avec foi
- Apprendre à faire silence, à écouter comme Joseph
- Poser un acte d’obéissance, là où nous avons du mal à nous décider
Jean-Louis TINDANO